Les réponses créatives de l’art pour habiter l’Anthropocène

Vanessa Hector 1, 2, 3 

¹· École des sciences de la gestion, Université du Québec à Montréal, 315, Sainte-Catherine Est, Montréal, Canada, H2X 3X2

²·CEAS

³·CREAT

Mots-clés : anthropocène, pratiques artistiques, justice environnementale, méthodes de recherche artistiques, pédagogie critique.

Keywords: anthropocene, artistic practices, environmental justice, artistic research methods, critical pedagogy.

Énoncé de signifiance

Dans cette étude, je révèle comment l’art devient un outil de compréhension des crises environnementales. De fait, les pratiques artistiques permettent de visualiser l’impact planétaire des activités humaines et d’imaginer collectivement des alternatives durables en combinant créativité et conscience critique.

Résumé

L’Anthropocène, marquant l’empreinte humaine sur la Terre, suscite des débats scientifiques et éducatifs. En effet, face aux crises climatiques et aux inégalités issues du capitalisme, les experts appellent à des actions urgentes et à de nouvelles perspectives. En ce sens, l’art émerge comme un espace d’exploration critique qui mobilise l’imagination pour questionner les paradigmes dominants et créer de nouvelles relations au vivant et aux territoires. Cette étude défend que les pratiques artistiques favorisent une conscience critique de l’Anthropocène tout en stimulant la créativité nécessaire à la transition écologique, contribuant ainsi à une nouvelle écologie sociale et culturelle.

Abstract

The Anthropocene, marking the human footprint on the Earth, is a topic of scientific and educational debate. Indeed, in the face of climate crises and inequalities resulting from capitalism, experts are calling for urgent action and new perspectives. In this sense, art is emerging as a space for critical exploration that mobilizes the imagination to question dominant paradigms and create new relationships with living beings and territories. This study argues that artistic practices foster a critical awareness of the Anthropocene while stimulating the creativity required for ecological transition, thus contributing to a new social and cultural ecology.

L’éveil sur la portée des activités humaines sur la vie sur Terre a conduit à la reconnaissance d’une nouvelle ère géologique par certains scientifiques : l’Anthropocène (Crutzen et al., 2013). La diffusion de ce concept dans la société a débouché sur la vulgarisation de nombreuses conséquences potentiellement catastrophiques du changement climatique. En effet, les dernières décennies ont été marquées par une volonté de rendre accessibles les données qui traduisent l’étendue de l’impact du changement climatique. À travers son approche journalistique, Kolbert (2015, citée dans Sandy, 2017) a vulgarisé des concepts scientifiques complexes en entrelaçant ses observations de terrain avec l’analyse de données historiques et scientifiques. En explorant le phénomène de l’extinction, elle met en lumière l’étendue de l’influence humaine sur notre planète et dont l’ampleur fait écho aux cinq extinctions catastrophiques (Raup et Sepkoski, 1982) du passé.

Dans cette même optique, Wallace-Wells (2017) dépeint également un avenir climatique particulièrement préoccupant en élargissant la réflexion au-delà des impacts communément cités tels que la montée des eaux. À travers son analyse, il souligne l’impératif d’une réaction immédiate face à la crise climatique, la nécessité d’entreprendre des changements profonds pour éviter une catastrophe. Il propose une vision de l’Anthropocène où l’humanité, loin de maîtriser la nature, a plutôt provoqué l’émergence d’un système climatique antagoniste avec des conséquences comme : des pénuries alimentaires, des maladies, des migrations massives, des conflits et un effondrement économique mondial.

Pour les sciences sociales, l’Anthropocène est un concept qu’il faut analyser sous plusieurs angles tout en développant des réflexions critiques et des alternatives. C’est en ce sens que Ferdinand (2021) souligne que les défis environnementaux actuels sont associés à la nécessité de dépasser l’héritage colonial. Dans son analyse, il examine les interconnexions entre colonialisme, exploitation des ressources et disparités environnementales en s’appuyant sur l’histoire caribéenne. Il propose le « navire-monde », un concept qui remet en question l’environnementalisme perçu comme l’arche de Noé où seuls quelques privilégiés échappent au désastre, comme l’utopie d’une société égalitaire où humains et non-humains coexistent comme membres d’un même équipage.

De son côté, Klein (2014) propose une réflexion approfondie sur les liens entre le capitalisme et les bouleversements climatiques tout en plaidant pour une transformation sociétale majeure qui s’inspire des perspectives autochtones et qui s’appuie sur l’union des différentes luttes sociales, écologiques, anticoloniales et réformistes. Toutefois, la faisabilité d’une transformation systémique et la capacité réelle des mouvements sociaux à contrebalancer les forces du système capitaliste ont généré beaucoup de discussions (Gessert, 2015).

Effectivement, Kolbert (2015, citée dans Sandy, 2017) a critiqué l’optimisme de Klein (2014) en soulignant que la société américaine en particulier reste trop ancrée dans ses habitudes de consommation, telles que les déplacements aériens ou encore l’utilisation de la climatisation, pour adopter les changements profonds qu’exige la lutte contre le réchauffement climatique. Cela dit, l’adoption rapide et généralisée du terme Anthropocène en a fait un concept englobant qui remet en question la position fondamentale de l’être humain sur Terre et qui redéfinit les notions de contrôle et de prise de décision (Le Gall et al., 2017).

C’est donc une approche qui soulève d’importants défis et questionnements et qui est allée au-delà des lectures géologiques. L’Anthropocène est devenu un terme polysémique dont la compréhension intègre non seulement des lectures géologiques, mais également biologiques, sociales, culturelles (Toivanen et al., 2017, cités dans Knitter et al., 2019), y compris une lecture critique (Knitter et al., 2019).

Au dire de Bonneuil (2014, cité dans le Gall et al., 2017), c’est un terme qui fait l’objet de quatre interprétations distinctes et contradictoires : d’abord, une vision dépolitisée qui considère l’humanité comme un tout homogène; puis, une approche post-environnementaliste privilégiant les solutions techniques et scientifiques; ensuite, un discours axé sur l’effondrement et la nécessité de transformations radicales; et enfin, une lecture éco-marxiste qui voit dans l’Anthropocène la manifestation des contradictions capitalistes et des inégalités économiques.

Pour répondre à ces différentes postures, la géographie offre une perspective unique (Gunnell, 2020), car elle est une discipline se situant à l’intersection des sciences naturelles et sociales, ce qui permet de comprendre à la fois les impacts physiques de l’humanité sur la planète et la manière dont les sociétés interprètent et racontent ces transformations. Parallèlement, la géographie souligne également la nécessité d’une approche interdisciplinaire pour saisir les enjeux de l’Anthropocène.

Cette démarche implique des collaborations entre sciences sociales, sciences environnementales et autres disciplines afin d’appréhender la complexité des interactions entre les sociétés humaines et leur environnement (Le Gall et al., 2017). Chanlat (2023) va dans le même sens. Pour lui, il est impératif d’adopter une perspective qui conjugue ouverture anthropologique et démarche transdisciplinaire pour répondre aux enjeux de l’Anthropocène. Et, c’est dans ce contexte qu’il nous apparait crucial de mettre l’accent sur la manière dont la collaboration avec les études artistiques peut être la clé pour aborder les enjeux complexes de ce paradigme.

Selon Guzzo et al. (2024), l’art constitue un domaine particulièrement fertile pour explorer ces questionnements en combinant pratique et réflexion théorique avec une liberté exceptionnelle qui permet d’imaginer et d’expérimenter des futurs alternatifs de façon responsable. Ainsi, il permet de mieux saisir la nature de la crise actuelle à travers sa capacité à révéler les contradictions du monde (Currat, 2023). En effet, l’art peut offrir de nouvelles perspectives et rendre les recherches plus accessibles et engageantes pour un public plus large, car les approches artistiques se distinguent par leur capacité à tisser des relations complexes entre différentes sphères : la recherche, la création artistique, l’enseignement et l’intervention sur le terrain (Debenedetti et al., 2019). De plus, cette collaboration peut aussi renforcer ces disciplines en leur offrant de nouvelles opportunités et en redéfinissant leurs territoires (Louvel, 2015).

Toutefois, bien que les artistes puissent jouer un rôle crucial dans la sensibilisation aux enjeux de l’Anthropocène, leur approche est parfois perçue comme insuffisamment engagée ou trop esthétisante par certains critiques. C’est le cas d’Aubry-Morici (2023) qui mobilise le catachronisme d’Aravamudan (2013) pour critiquer les artistes qui créent des visions fantasmagoriques en transformant la crise climatique en expérience esthétique contemplative, ce qui pourrait avoir l’effet pervers de détourner l’attention des véritables défis environnementaux et sociaux.

Delaporte (2020) fait aussi la même observation chez les artistes visuels et plasticiens qui ont tendance à réinterpréter l’Anthropocène d’une manière réductrice. Dans son analyse des œuvres immersives de Doug Aitken, elle met en garde contre cette tendance à favoriser une attitude passive chez le spectateur, car, pour elle, l’immersion totale dans ces installations artistiques risque de promouvoir une simple contemplation plutôt qu’un engagement actif face aux enjeux de l’Anthropocène. Donc, les observations mettent en évidence la nécessité pour les artistes de dépasser la simple représentation des problématiques de l’Anthropocène (Demos, 2017), pour développer des démarches et des discours qui favorisent des transformations concrètes et profondes. Comment l’art peut-il dialoguer avec les multiples récits et postures de l’Anthropocène ?  

Pour répondre à cette question, je vais mobiliser des pratiques artistiques qui cherchent à transformer le rapport de l’humain avec la nature plutôt que de se contenter de le reproduire (Guzzo et al., 2024). C’est le cas de l’Ufa Fabrik qui propose des initiatives écologiques (Le Xuan, 2023), du groupe Shaka Ponk qui arrête ses tournées pour raisons environnementales (RFI, 2024), ou encore du Grand Orchestre de la Transition qui rassemble divers collectifs d’artistes amateurs et professionnels pour imaginer et représenter des futurs possibles dans un contexte de transition écologique (Ribac, 2021). De plus, l’art oppose également une résistance à son incorporation dans la sphère marchande. Cette opposition se manifeste à travers la nature particulière du travail artistique, qui ne peut être réduit à un simple travail abstrait, et par la singularité de l’œuvre d’art dont la valeur d’usage transcende sa dimension commerciale (Bédard, 2020).

Dans cet article, je mobilise les pratiques artistiques pour parler de l’Anthropocène en m’inspirant de mon projet de thèse au Département de management de l’École des sciences de la gestion à l’Université du Québec à Montréal. Le titre de la thèse est Dynamiques territoriales et pratiques managériales en organisation : Le cas du Black Film Festival au Canada. Sous l’angle de ce festival, je compte utiliser les théories décoloniales pour examiner comment le capitalisme crée des catégories sociales distinctes. En parallèle, les festivals constituent l’une des manifestations artistiques pouvant contribuer à sensibiliser la collectivité et à proposer des perspectives contre les effets néfastes de l’Anthropocène.

Cependant, dans ce travail, je ne me suis pas focalisée sur les festivals, c’est une critique artistique que j’entends développer ultérieurement. Ici, je me situe dans une approche interdisciplinaire en contexte de crise environnementale et sociétale où je soutiens les réflexions artistiques et la pratique de l’art qui, à travers une série d’actions collectives basées sur un imaginaire différent, mettent en évidence et proposent des options face aux problèmes qui jalonnent l’Anthropocène.

Ce travail comporte deux parties. Pour appuyer mon raisonnement, j’examine d’abord comment l’Anthropocène, en tant que paradigme, bouleverse fondamentalement les pratiques existantes à travers les nouvelles dimensions et les controverses qui émergent. Dans cette même partie j’analyse ensuite les réflexions que suscitent ces controverses et comment les études basées sur l’art incarnent ces réflexions. Dans la deuxième partie, j’explore l’art à l’épreuve des inégalités systémiques ainsi que les transformations qu’il propose dans une démarche, éthique et militante à l’ère de l’Anthropocène.

L’art face aux controverses de l’Anthropocène

L’émergence de nouvelles dimensions et controverses

Dans les sciences sociales et culturelles, le concept Anthropocène devient abondant, car il englobe les dimensions sociales et historiques de représentation, de communication et de compréhension des aspects culturels (Toivanen et al., 2017, cités dans Knitter et al.,2019). En effet, la marche du progrès et de la modernité a conduit à l’effacement ou à la destruction des cultures autochtones, des écosystèmes, et des relations tant avec le monde non-humain qu’entre les humains eux-mêmes (Aquilina et al., 2024). Véritablement, si la mondialisation du commerce et la libre circulation des capitaux ont généré une croissance économique et une amélioration du niveau de vie dans certaines régions, elles s’accompagnent également de graves problèmes : malnutrition, pandémies touchant des centaines de millions de personnes et instabilité croissante, comme en témoigne la multiplication des guerres civiles et des mouvements de réfugiés (De Senarclens, 2001).

La modernité apparaît comme une forme sans précédent d’aveuglement et de brutalité aux yeux de ces sociétés qui ont préservé leur connexion avec leur environnement originel et leurs liens sociaux étroits (Aquilina et al., 2024). Par conséquent, les transformations nécessaires des modes et conditions de vie exigent une refonte des mécanismes systémiques de croissance économique qui perpétuent les inégalités entre pays du Nord et du Sud (Bruckmeier, 2024) et l’établissement de nouveaux mécanismes de régulation sociale et de redistribution équitable des ressources (De Senarclens, 2001).

Évidemment, les racines systémiques de croissance économique qui préservent les inégalités sont au cœur des débats sur l’Anthropocène (Klein, 2014). Malm (2015) va jusqu’à remettre en question la pertinence même de la notion d’Anthropocène en tant que description adéquate de la situation actuelle. Pour lui, la quantité d’énergie consommée par un New-Yorkais dépasse largement celle d’une personne vivant en Afrique subsaharienne. Cette asymétrie montre que les problèmes écologiques sont liés à des dynamiques spécifiques, celles du capitalisme, et non à une responsabilité partagée de toute l’humanité. Puis, Moore (2017) va dans le même sens et considère l’Anthropocène comme un concept bourgeois qui masque les inégalités en attribuant à l’humanité tout entière les dégradations environnementales principalement causées par les classes privilégiées et dominantes.

C’est ainsi que des concepts alternatifs ont émergé pour mieux saisir les dynamiques spécifiques à l’origine de la crise actuelle. Malm (2015) propose le terme « Capitalocène » que Moore (2017) soutient, car ce terme met en évidence les dynamiques historiques et les relations de domination. En effet, c’est un cadre qui souligne comment le capitalisme s’est développé particulièrement à travers l’exploitation coloniale et l’extraction intensive des ressources naturelles, c’est-à-dire bien avant la généralisation du charbon et des machines à vapeur.

Dans la même veine, je retrouve le concept de « Plantationocène » adopté par Haraway (2015)   et Ferdinand (2021) pour mettre en évidence les racines coloniales des impacts sur l’environnement, notamment à travers le système des monocultures. Il s’avère que ce système a imposé une exploitation intensive qui a appauvri les sols, mais qui a aussi institutionnalisé l’esclavage et les inégalités globales. Ces concepts alternatifs enrichissent la compréhension des crises écologiques en mettant en lumière les relations de domination et les structures historiques qui les sous-tendent.

Les controverses comme sources de réflexion

Ces débats autour de l’Anthropocène posent des questions fondamentales sur les pratiques éducatives actuelles. Devleeshouwer et Ravachol (2022) soulignent l’urgence de renouveler les pratiques éducatives en privilégiant le développement de la conscience critique, l’action concrète et une compréhension holistique des défis environnementaux et sociaux afin de transformer les dynamiques de pouvoir existantes et combattre les formes d’aliénation issues du système capitaliste. En effet, les pédagogies critiques, inspirées des travaux des années 1960 de Freire (cités dans Pereira, 2020) rejetant l’approche technique et instrumentale de l’éducation pour privilégier l’éveil des consciences et la valorisation de l’éthique, mettent l’accent sur l’éducation comme outil de transformation sociale.

C’est dans ce sens que des personnes enseignantes se servent des théories critiques du néolibéralisme développées par Harvey (2007) comme outils pédagogiques pour expliquer aux personnes apprenantes l’impact des mécanismes capitalistes sur l’organisation et l’évolution urbaine. L’application de ces théories sur la justice sociale aide à développer chez ces personnes une conscience des inégalités socio-environnementales et une analyse critique des effets des politiques urbaines et économiques, telles que la gentrification, sur diverses populations. Donc, intégrer les controverses autour de l’Anthropocène, telles que les notions de « Capitalocène » et de « Plantationocène » dans les programmes scolaires et universitaires, pourrait sensibiliser les personnes apprenantes aux causes profondes des crises actuelles en les invitant à réfléchir sur les inégalités sociales et écologiques.   ?

C’est ici que l’art intervient comme un levier fondamental pour incarner ces controverses, car les méthodes de recherche artistiques constituent fondamentalement une alternative critique. Elles s’inscrivent dans une perspective qui interroge les savoirs dominants (Debenedetti et al., 2019). En intégrant l’art comme matériau ou pratique de recherche, les personnes enseignantes peuvent explorer des dimensions souvent délaissées par les méthodologies conventionnelles, telles que les affects, les perceptions sensorielles et les connaissances implicites. Bien sûr, fondée sur des principes éthiques et politiques, cette approche vise à démocratiser tant la création que la diffusion des connaissances scientifiques.

De plus, les travaux issus de la recherche artistique créent un espace alternatif d’engagement esthétique et politique orienté vers l’utopie (Fourmentraux, 2022), loin des discours catastrophistes (Wallace-Wells, 2017) du débat public qui risque de paralyser l’action en générant un sentiment d’impuissance et de fatalisme (Mann et al., 2017). Cette dimension transformative de l’art s’inscrit dans une perspective qu’Albrecht (2020) qualifie de « symbiocène », c’est-à-dire de passer d’une ère dominée par l’impact négatif de l’homme à une ère de symbiose harmonieuse avec la nature.

Plusieurs chercheur.se.s et artistes s’efforcent de repenser leurs interrogations fondamentales et leurs narrations créatives, ou encore développent des approches novatrices pour mettre en valeur leurs découvertes de recherche à l’intersection des investigations scientifiques et des pratiques artistiques (Fourmentraux, 2022). Dans cette optique, ils s’appuient sur la notion d’imaginaire social développée par Castoriadis (1975, cité dans Buriller et Bureau, 2024) pour explorer le potentiel pédagogique de l’art par rapport à l’Anthropocène.

À ce propos, on peut citer Forensic Architecture (un groupe de recherche multidisciplinaire fondé en 2010) qui fusionne, dans le cadre de « Anthropocene series » l’architecture, l’art et les sciences forensiques pour créer des récits visuels probants sur les violations des droits humains, les crimes et les impacts environnementaux (Hugill, 2014). Ces reconstitutions servent à la fois de preuves dans des contextes juridiques et d’œuvres dans des espaces artistiques. Inversement, on retrouve également certains festivals qui se spécialisent dans la thématique scientifique, comme le festival international du film scientifique ou le festival du film de chercheur, un événement annuel organisé par le Centre national de la recherche scientifique, un acteur majeur de la recherche scientifique au niveau mondial (Debenedetti et al., 2019).

Les projets de Biemann (2013 ; 2014 ; 2018, cités dans Art At A Time, 2022) logent à la même enseigne, car, ils illustrent comment l’artiste utilise son art pour explorer et visualiser les complexités de l’Anthropocène. Ses œuvres mettent en lumière les interactions entrecroisées entre les humains, les environnements naturels et les systèmes écologiques. De plus, à travers ces travaux en format vidéo et ces installations, Biemann développe un langage visuel qui révèle les interconnexions souvent invisibles ou difficiles à percevoir entre les activités humaines et leurs conséquences environnementales à différentes échelles, c’est-à-dire du microscopique au planétaire.

L’art à l’épreuve des inégalités systémiques

Entre une sphère autonome et l’émergence des impératifs

Il ne fait aucun doute que des artistes créent des œuvres qui mettent en lumière les conséquences invisibles de l’Anthropocène, telles que la pollution et l’érosion de la biodiversité, car des liens se sont tissés entre les mouvements environnementalistes et la scène artistique par de nombreux artistes et initiatives selon Donin et Ribac (2022). Toutefois, Aubry-Morici (2023), contrairement à Gautier (1875) qui positionne l’art loin des préoccupations sociales et politiques, invite à un équilibre entre sensibilisation esthétique et action concrète. Pour lui, cet équilibre doit être combiné à une approche plus inclusive et contextuelle des temporalités écologiques dans la créativité artistique.

En d’autres termes, l’innovation perçue par les pratiques artistiques doivent donner une tribune aux populations touchées (Aquilina et al., 2024). Ce point vise à examiner et à remettre en question l’empreinte coloniale qui façonne encore aujourd’hui certaines initiatives. À titre d’exemple, je peux citer le Burning Man Festival qui, en étant un lieu de créativité, d’expérimentation et de rupture avec la société, est également très critiqué pour la gentrification qu’il entraine, son coût élevé et son inaccessibilité aux classes populaires (Gauthier, 2016).

En effet, nous vivons une époque caractérisée par une expansion sans précédent du domaine artistique, marquée par l’émergence de conglomérats culturels internationaux et la mondialisation des pratiques et systèmes artistiques (Ruby, 2016). Cette mondialisation est accompagnée d’une marchandisation et d’une uniformisation croissantes de l’art et de la culture qui rejoint le concept d’industrie culturelle d’Adorno (1964). Ainsi, des festivals comme Burning Man servent de lien de diffusion (Garat, 2005) et de dimension stratégique capable d’attirer investissements, populations et services grâce à leur pouvoir de façonnage de l’image d’un territoire (Quinn, 2005).

Ces événements représentent un important levier d’attractivité pour les destinations et jouent un rôle clé dans les stratégies de développement touristique (Lecroart et Sallet-Lavorel, 2002). Cependant, ils provoquent également un effet d’embourgeoisement dans les quartiers où le tourisme se développe par la même occasion (Davies et Sigthorsson, 2013). Donc, les pratiques artistiques récupérées par le capitalisme avec le soutien sélectif des politiques publiques peuvent tout aussi servir à nourrir des inégalités, et cette utilisation de la culture bien souvent comme simple outil marketing représente une vision réductrice de son potentiel (Landry et al., 1996).

En clair, l’intégration des savoirs indigènes, bien que nécessaire pour une véritable décolonisation, risque paradoxalement de perpétuer une forme de colonisation si ces savoirs sont récupérés et instrumentalisés par les logiques marchandes et étatiques (Banerjee et Arjaliès, 2021). De fait, ce sont des savoirs particulièrement empiriques et très ancrés dans le territoire qui demandent un travail préalable de déconditionnement afin d’éviter « l’ignorance sanctionnée » (Spivak, 1999), cette posture intellectuelle qui, paradoxalement, étouffe les voix mêmes que l’on prétend valoriser. Et, c’est là que l’Anthropocène interroge la pertinence d’un art détaché de ces enjeux, car il ne s’agit pas seulement des thèmes abordés mais aussi des conditions mêmes de production.

Latour (2017) suggère que l’art contemporain participe à la constitution d’un parlement des choses où humains et non-humains peuvent être représentés lorsqu’il devient laboratoire de nouvelles sensibilités écologiques. Par conséquent, les pratiques artistiques doivent incarner une éthique de la responsabilité qui ne se limite pas à la dénonciation des catastrophes, mais s’engage dans l’exploration et la mise en œuvre de relations plus justes et durables avec le monde vivant. Par exemple, l’art peut intervenir au niveau relationnel pour influencer la communication, la construction d’une identité commune et la gestion des conflits (Debenedetti et al., 2019) tout en explorant les notions de justice territoriale et de relations de pouvoir (Bret, 2018).

L’éthique et le militantisme comme facteurs d’engagement

Loin de se limiter à un discours dénonciateur, on retrouve des pratiques artistiques qui transcendent la simple représentation pour devenir des agents actifs dans les luttes pour la justice environnementale. Ces pratiques, dont certains festivals, se positionnent comme des acteurs critiques des dynamiques capitalistes en conservant une implication autochtone avec les nuances de leur objectif initial (Quinn, 2005), et en proposant des formes de résistance territoriale à travers des pratiques engagées et des modèles innovants. En effet, elles articulent création et responsabilité à travers des performances écologiques, des créations collaboratives avec des scientifiques et des communautés locales.

C’est le cas d’un groupe comme Shaka Ponk qui a pris certaines mesures pour ses activités, comme la suppression du plastique, la priorité aux repas végans, le refus de partenariats avec certaines marques; il va jusqu’à arrêter ses tournées internationales au vu de l’impact environnemental que ses concerts cautionnent par les déplacements massifs des spectateurs (RFI, 2024). De son côté, le festival « We love Green » a mis en place plusieurs initiatives : bannissement du plastique jetable, utilisation d’énergies renouvelables et amélioration de la mobilité des festivaliers grâce à un partenariat avec la Fédération française de cyclotourisme et l’installation temporaire d’une grande station Vélib (un système de vélos en libre-service disponible à Paris et dans d’autres villes en France) afin de réduire son impact environnemental.

Ce sont des approches pragmatiques qui témoignent d’un engagement réel des artistes dans la recherche de solutions aux problèmes environnementaux. Elles dépassent une simple occupation temporaire de l’espace et la prise en compte des spécificités territoriales et elles sont perçues comme vecteurs de transformation et de légitimation des territoires.

D’autre part, il existe des projets où l’art devient un outil de résistance, de transmission culturelle et de sensibilisation écologique tout en priorisant les voix des populations locales. Bwa Kayiman Project (Haus der Kulturen der Wel, 2025) fait partie de ces projets, car il célèbre la mémoire de la révolution haïtienne et les traditions écologiques locales tout en associant artistes, paysans et militants environnementaux pour revendiquer le lien profond qui existe entre culture, spiritualité et écologie. Dans la même veine, se situe également le Carnaval des Caraïbes, aujourd’hui Carnaval de Notting Hill, qui incarne une forme de résistance physique et spirituelle de la communauté noire (Lynn, 2023), car il a servi pour s’opposer directement à plusieurs formes de domination : l’esthétique bourgeoise euro-américaine, l’impérialisme, l’hégémonie culturelle et l’oppression raciale et politique au Royaume-Uni (BRIG, 2023).

Ces exemples montrent que la lutte environnementale est souvent indissociable des luttes pour la justice sociale, les droits autochtones et la souveraineté culturelle. De plus, la capacité fédératrice de ces événements leur permet de tisser des liens sociaux qui favorisent l’expression des relations complexes entre identité, sentiment d’appartenance et ancrage territorial (Simard, 2010). Warren et Fortin (2015, cités dans Veilleux, 2021) enrichissent cette perspective en soulignant que ces événements sont cruciaux à double titre : ils offrent des espaces de réflexion et d’action collective, tandis que l’intensité des interactions qu’ils génèrent contribue à forger une identité commune.

Par ailleurs, il existe également plusieurs expérimentations très parlantes, que ce soit à travers des espaces autogérés ou encore des espaces académiques. Ceux-ci expérimentent des alternatives en mêlant création artistique et engagement écologique. C’est le cas des toits végétalisés, des panneaux solaires, des systèmes de récupération des eaux de pluie, des projets artistiques engagés et des programmes d’intégration sociale instaurés par l’Ufa Fabrik qui est un centre culturel et écologique alternatif situé à Berlin. C’est la preuve qu’un centre artistique peut transcender et démontrer que créativité, engagement communautaire et durabilité peuvent coexister (Le Xuan, 2023).

Ce sont autant de projets artistiques qui mêlent engagement, réhabilitation, éducation et inclusion. Donc, l’art possède cette dimension de sortir des visions catastrophistes et d’explorer des futurs possibles en favorisant une approche sensible et empathique de la nature qui invite à reconsidérer la place de l’humain dans le monde et ses relations avec les autres espèces (Guzzo et al., 2024). Et, parallèlement, une approche alternative pour partager les résultats des recherches basées sur l’art peut aussi jouer un rôle transformateur (Debenedetti et al., 2019).

Conclusion

L’exploration des différentes controverses que suscite l’Anthropocène m’a permis de saisir les dynamiques historiques de domination et d’exploitation qui ont façonné la crise écologique actuelle. Ces termes, loin d’être de simples jeux sémantiques, incarnent des positions critiques essentielles qui remettent en question la notion d’une responsabilité universellement partagée face aux dérèglements écologiques. En pointant du doigt les structures capitalistes et coloniales, ils ouvrent la voie à une compréhension plus nuancée des origines systémiques de la crise.

Dans ce contexte, l’art émerge comme un outil pédagogique puissant capable de rendre tangibles et accessibles ces controverses théoriques à travers les méthodes de recherche basées sur l’art (art-based research) ([ABR]). En effet, celles-ci offrent une alternative critique aux approches conventionnelles en incorporant les dimensions sensibles, affectives et implicites souvent négligées. Particulièrement, les initiatives comme Forensic Architecture ou encore les travaux de Biemann démontrent cette capacité de l’art à visualiser les interconnexions complexes entre activités humaines et conséquences environnementales.

Cependant, cette capacité transformative de l’art se heurte aux réalités d’un système capitaliste mondial qui tend à récupérer et instrumentaliser les pratiques artistiques. Le cas du Burning Man Festival illustre parfaitement cette tension et ce risque de perpétuer une forme de colonisation en récupérant des savoirs indigènes sans remettre en question les logiques marchandes sous-jacentes. Heureusement que, face à ces contradictions, d’autres initiatives témoignent d’un engagement artistique qui transcende la simple représentation pour devenir un agent actif dans les luttes pour la justice environnementale et sociale.

L’art à l’ère de l’Anthropocène n’est donc pas simplement appelé à représenter ou à sensibiliser aux problématiques écologiques, mais à repenser fondamentalement ses modes de production, de diffusion et d’interaction avec les territoires et les communautés. En s’orientant vers ce que Albrecht qualifie de « symbiocène », il peut contribuer à la transition d’une ère dominée par l’impact négatif des humains vers une ère de symbiose harmonieuse avec les non-humains. En effet, il possède une double dimension. Il est à la fois réflexif et transformatif, ce qui fait de lui un allié précieux dans la construction d’un imaginaire post-anthropocentrique capable de répondre aux défis complexes de notre époque.

Références bibliographiques

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Remerciements

Au terme de ce travail de recherche, je souhaite exprimer ma profonde gratitude envers toutes les personnes qui ont contribué, directement ou indirectement, à sa réalisation. Particulièrement, mes remerciements vont à mon directeur de recherche Thierry Beaupré-Gateau. Son accompagnement intellectuel et sa confiance en mon travail m’a permis d’explorer des pistes innovantes à l’intersection de l’art et des enjeux environnementaux.

Je tiens également à remercier chaleureusement les professeurs Juan-Luis Klein, Étienne Boucher et Olivier Germain qui ont nourri ma réflexion par leurs enseignements stimulants, et leurs expertises diverses m’ont offert un cadre théorique précieux pour appréhender la complexité des enjeux territoriaux dans le contexte de l’Anthropocène. Cette recherche n’aurait pas été possible sans l’environnement intellectuel fécond qu’ils ont su créer, encourageant ainsi la pensée critique et l’exploration de nouveaux horizons conceptuels. En effet, les discussions en classe et les retours sur mes travaux préliminaires ont considérablement enrichi ma compréhension des dynamiques socio-écologiques et des pratiques artistiques engagées.

Enfin, je suis reconnaissante pour tous les échanges informels avec mon époux Job Pierre Louis qui ont également jalonné ce parcours de recherche et qui ont contribué à façonner ma réflexion sur le rôle de l’art face aux défis environnementaux contemporains.